Frissonner sous l'armure.

Frissonner sous l'armure.
Mood : suicidaire
J'écoute : Plain White T's - Hey there Delilah


Je gratte un peu l'écorce. Au début, ça pique. Mais parmis mes larmes, je sens mon sourire se dessiner.
J'ai toujours les mêmes pensées au milieu de ce rituel. Je continue, je ne peux plus m'arrêter. Maintenant que j'ai commencé mon erreur, il faut que je la finisse, et en beauté. Je fais tout de travers, alors ça, je décide de ne pas le faire à moitié.
Je me vois folle. Au fond je le suis sans doute un peu ...
Ma tête se brouille, entre le sang, la peur et l'envie. Il suffirait de ... pas grand chose. Sur le fil, comme une équilibriste, je vois plus clair. Mes yeux se noient dans leur orbites, les larmes s'échouent sur mon bras. D'abord, une, deux, puis trois, je les laisse couler. Puis je passe mon doigt sur la plaie. Ca me fait mal, mais je souris. Je vois ma souffrance en train de couler, rouge, couleur vive dans un tableau de noir. Je la regarde et me dis que je suis comme tout le monde, le même sang coule dans nos veines. Moi aussi, normalement, je devrais avoir mes chances. Mais je ne crois pas en la réussite, tout du moins pas en la mienne. J'ai beau me mentir, donner l'illusion de quelqu'un qui croit en lui, la réalité ne change pas. Je me vois planter ma vie au fur et à mesure que j'avance. Je visualise ces scènes avec tellement de précision que je me demande si tout ne va pas se passer exactement comme je le pense. Je vais rater mon parcours musical. Parce que je ne me serais jamais donnée vraiment à fond, justement car je ne crois pas en moi. Je vais me battre mollement contre mes parents, mes amis, tout ceux qui ont à l'avance préparé ce que je vais faire quand j'aurais tout foiré. Et je vais leur donner raison. Je vais rater, comme c'est prévu dès aujourd'hui. Je vais me reconvertir dans une autre voix, un autre métier dans lequel je ferai une fois de plus les choses à moitié. Parce que je sais ce que je veux faire. Je n'accepterais jamais de faire autre chose.
Le sang s'est figé sur mon bras. Je pense à mon destin, scellé. J'ouvre à nouveau la plaie.
Et je serai celle là, celle qui "aurait pu mais ne l'a pas fait". Une fille qui avait tout pour elle mais qui n'a pas sû l'exploiter. Je ne serai jamais quelqu'un. Et je vis de jours en jours avec cette idée insupportable en tête.
Parce que je suis déterminée et intelligente, malheureusement. Je vois ce qui va m'arriver avec lucidité.
Je sais que je n'aurais pas la force de changer, et que toute ma vie je vais détester la personne que je serai.

Le sang a coulé sur mon bras. Je me dis "merde ...merde", je vais encore blesser ceux qui m'aiment. Mais comprennent ils ? Au fond, c'est rien cette souffrance, celle la. Physique. La souffrance, la vraie, c'est de voir que j'en suis arrivée là, et pourquoi. Soigner le mal par le mal.
Comme si ça pouvait m'aider ... comme si en me punissant j'allais me faire changer, être moins mauvaise.

Mais je ne suis pas quelqu'un de bien, et ne le serai jamais


What the hell am I doing here?
I don't belong here.
# Posté le samedi 04 juillet 2009 15:49
Modifié le dimanche 05 juillet 2009 05:38

Stress, tu m'enlèves tout mes moyens ... [...]

Stress, tu m'enlèves tout mes moyens ... [...]
Un sentiment de frustration énorme que je cherche à maîtriser, canaliser. Je relativise. Je ne dois pas m'effondrer pour chercher à me persuader que tout n'est pas fichu. Je dois me dire que ce n'est que le début, que tout peut encore s'arranger. Qu'au fond il y a pire, je n'ai pas trop à me plaindre, je ne pars pas de rien.
Et puis la réalité me rattrappe: si je n'arrive pas à résoudre ce problème, je ne pourrai pas avancer.
# Posté le samedi 04 juillet 2009 13:13

[JC] Et je, "nous t'aimons"

 Et je, "nous t'aimons"
Un "nous" qui remplace un "je". Je le vois encore ton message, la fin surtout. Ce "nous" qui n'avait rien à faire là. Un pluriel qui comprend quoi ? Non, même pas moi. Seulement toi. Une personne.
La peur du singulier, peut être, de trop lourdes paroles pour une seule personne. De trop lourdes paroles, pourtant si jolies .... Une distance qui s'accroit quand la proximité se fait trop évidente. Peut être que nos relations ne sont pas très claires en fait .... non, je n'y crois pas. Je n'ose pas y croire. C'est tellement invraisemblable. La vérité c'est plutôt que lorsque je n'ai plus mon violon entre les bras, je perds toute mon importance ... Je ne suis pas Marie pour toi, je suis ton élève ... Et si c'est déjà merveilleux, je souffre de n'être que ça ... J'aurais aimé de toi plus d'attention, plus de présence, parfois un mail pour me demander comment je vais, ce que je fais, mais ... Rien. Je dois laisser le temps filer, les heures, mon violon entre les doigts, pour, à mesure que je progresse et me rapproche de toi, acquérir plus d'importance. Moi qui te considère comme mon père, j'aurais aimé ne pas avoir à toujours chercher comment te mériter ...


[Photo : dans l'ordre, Pierre, toi, moi ... et tout ce qui ne se dit pas ...
# Posté le vendredi 26 juin 2009 15:50
Modifié le samedi 27 juin 2009 12:16

[...]

[...]
Et écrire un nouvel article, juste pour faire couler l'ancien, comme une goutte d'eau sur le rebord de la vitre qui en entraîne une autre, et puis encore une autre, enchaîner. Parce qu'il faut marcher, avancer, coute que coute, on a pas le temps de s'arrêter, ni même de se poser trop de questions, parce qu'entre temps un autre aura trouvé les réponses, et se sera tiré ... Composer au hasard des phrases sur les touches de mon clavier, comme un pianiste qui improvise l'air distrait, écrire parce qu'on ne peut pas parler, que les mots sont trop lourds au fond de ma gorge, lourds de sens mais surtout d'hésitation. Mettre un masque par dessus le visage de réalité, faire croire que tout est simple alors qu'à l'intérieur tout est compliqué, préférer mentir pour ne pas risquer de tout perdre, devenir peureuse, peureuse des mots pour ne pas s'aventurer dans des sujets qui révèleraient bien trop de choses ... Rester seule, ne savoir plus quoi écrire, par peur de trop en dire mais avoir pourtant besoin de parler, à nimporte qui et non pas aux personnes concernées, vouloir partir d'ici et tout recommencer et pourtant ... [...]
# Posté le jeudi 25 juin 2009 16:11

L, comme ...Elle.

L, comme ...Elle.
Regarder des photos, se comparer sans cesse à une seule personne ...
Se dire qu'elle est vraiment, vraiment bien. Qu'elle ne mérite en rien ce qui lui arrive.
Et culpabiliser. Se souvenir ... Et vouloir tout changer.
Foutre un grand, un énorme coup de pied dans la vie. Etre violente, pour une fois.
Aller contre la raison, contre la logique peut être. Ne plus penser à soi.
Mes pensées se rejoignent toutes en Elle.
# Posté le jeudi 25 juin 2009 15:34